Le monde de Belissor Calendriers Cultures Concordances


Accueil > Du côté professionnel... > "Maîtresse, j’ai compris ! Le capitaine est un mouton ! Il a 26 ans (...) > III - Phase de recherche > B - L’erreur

B - L’erreur

Pour revenir à la page précédente...

"Ne dites pas : ils ne savent pas.
Dites : ils ont appris autre chose."

La Rochefoucault


L’erreur acquiert ainsi un statut nouveau. Il ne s’agit plus face à l’erreur d’établir un simple constat stipulant que la notion n’est pas assimilée parce que l’élève :
- n’a pas été attentif,
- n’a pas appris la leçon,
- n’a pas réfléchi,
- n’a "pas beaucoup de moyens"
ou même, qu’il n’a pas su mobiliser ses savoirs à bon escient.

L’erreur, dans la "perspective constructiviste" à laquelle Roland Charnay fait référence , "est l’expression d’une forme de connaissance."

Quand une erreur se répète, quand il est établi qu’elle n’est pas le fait d’une étourderie, on peut dire qu’elle est pour l’enseignant un indice concernant les représentations que l’enfant se fait du sujet à traiter. Ainsi, "l’erreur n’est plus synonyme de manque mais au contraire elle est le fruit d’une production."

Et c’est en tant que tel qu’il convient d’y revenir, de chercher avec l’enfant par quel cheminement intérieur (logique pour lui) il arrive à donner cette réponse.

Ce statut nouveau de l’erreur, où cette dernière cesse d’être une offense à la toute-puissance du savoir que détient le maître, n’acquerra une réelle efficacité pédagogique que dans la mesure où le maître effectuera un authentique retour critique sur ses pratiques et démarches.

Si le savoir est une construction personnelle, s’il s’affine au sein de l’être humain de représentations initiales en représentations nouvelles, il est essentiel que le maître, face à ses élèves soit capable de remettre en cause ses choix pédagogiques. A-t-il apporté au jeune plant l’engrais nécessaire ? S’est-il préoccupé auparavant de l’état de germination de la graine ? A-t-il fourni à l’enfant les outils nécessaires pour qu’il prenne la décision de tailler l’arbre ?

Aucun enfant, sur aucun sujet, n’est une terre vierge. Chacun des savoirs qui se développe en lui est à l’état de graine, de pousse ou de petit arbre dont les branches sont plus ou moins développées. Mais tout cela est dissimulé aux regards du monde.

Si l’enfant réussit un exercice ou un problème, nous aurons l’image de ce que nous souhaitions voir. Peut-être pas l’image de ce qui est en lui...

Si l’enfant se trompe, et si nous réussissons à comprendre les raisons profondes de cette réponse inattendue, nous aurons certainement une image plus réelle de son jardin intérieur.

Pour aider l’élève à modifier ses représentations, l’enseignant doit accomplir un réel travail sur ses propres représentations : représentations du savoir, de l’élève, de la pédagogie, de l’institution.

Il doit, comme il le reconnaît à l’enfant, se reconnaître le droit à l’erreur et donc à l’expérience.

Faire évoluer ses représentations en tant qu’enseignant, c’est, par exemple, dépasser l’idée que l’on est un bon instituteur parce qu’on a une classe qui réussit, qui ne se trompe pas.

Cette attitude, qui pousse à faire un usage abusif de "l’effet Topaze" , a sur la relation pédagogique un effet désastreux. Empêchant l’élève de se tromper, le maître se prive de tout indice concernant l’état réel des connaissances de l’enfant et ne peut donc en aucun cas l’aider à les développer efficacement.

Il ne s’agit pas, bien entendu, de pousser l’élève à produire des erreurs, mais seulement, au sein même de sa pédagogie, de ménager un espace de communication où l’erreur ait implicitement, voire explicitement, droit de cité.

"Prendre en compte positivement les erreurs de l’élève dans le processus d’apprentissage." Cette conception est d’importance.

Roland Charnay dans son article "Les enseignants de mathématiques et les erreurs de leurs élèves" étudie "le comportement effectif des enseignants de CM2 et de 6ème dans leurs classes face aux erreurs de leurs élèves, comment ils interprètent ces erreurs au moment où elles apparaissent et quels usages ils en font."

C’est intéressant et puis, il s’agit des autres ... c’est toujours plus facile à considérer ... pour commencer.

DESSIN A INSERER...

Extrait de "Le monde de Mafalda" de QUINO
Editions Glénat

Pour tourner la page...

Cette page a déjà été visitée 977 fois.

P.-S.

L’illustration provient du site : http://www.memoiredecole.fr/




| Plan du site | | Espace privé | SPIP | squelette |