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De Oinville-Saint-Liphard à Artenay

Mardi 11 août 2009

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Je me lève tôt. Le petit déjeuner a été préparé la veille pour les matinaux et je le prends seule. Comme chaque matin, j’ai appréhendé dès le réveil la sensation du contact de mes pieds avec le sol. C’est un peu plus difficile chaque matin. Mon sac est bouclé, je referme la grande porte derrière moi. Direction Artenay !


En préparant le trajet hier soir, j’ai vu que l’un et l’autre guide ne quittent pas les routes et zigzaguent d’un village à l’autre. Sur ma carte au 100.000e, j’ai remarqué un trait fin qui semble être parallèle à la voie ferrée. Mais à nouveau, je ne voudrais pas me tromper. Qui pourra me renseigner ?

Pour le moment, il me faut mettre le cap sur Toury et retraverser la nationale 20. Le temps est gris. Il tombe même quelques gouttes. Je pars avec ma cape de pluie.

Pour rejoindre Toury, c’est la route et ce matin, c’est dès le début de l’étape ! Il ne faut pas longtemps pour que mes ampoules se rappellent à moi. Hier soir, j’ai à nouveau essayé de les percer pour me soulager un peu mais les Compeed aident à cicatriser et de nouvelles ampoules semblent se reformer en-dessous des premières : impossible de les percer.

Ce crachin, mes ampoules, cette route sans âme... C’est vraiment dur d’avancer, ce matin. Alors, je fais appel à de belles images de la voie du Puy. A l’étape de Conques, les Frères Prémontrés dans le grand réfectoire apprennent à tous les pèlerins le chant traditionnel "Ultreia".

Lorsque les cinquante ou soixante pèlerins reprennent en chœur le refrain, on se sent tout simplement joyeux. Alors, pour me donner du courage, seule sur cette route, je me mets à chanter.

Toury ! J’espère qu’il y aura au café du coin quelqu’un qui connaît les sentiers ! J’aimerais vraiment éviter un peu la route.

Et voilà ce que je découvre en tournant en direction du "centre-ville" ! Ca s’annonce bien !

Une personne ouvre son portail juste sur mon passage dans cette rue. "Vous allez à Compostelle ?" "......... Euh... Oui ! Enfin... je fais une partie du Chemin cette année et je continuerai plus tard." Alors ça ! C’est bien la première fois que l’on m’aborde aussi directement depuis Paris ! "Vous connaissez les chemins autour de Toury ?" "Un peu, mais le garde-chasse doit passer dans quelques minutes, il vous dira ça mieux que moi ! Entrez boire un café !" Eh bien décidément ! Lorsque j’ai besoin d’un renseignement, il vient vers moi !

Ce moment partagé est plein d’enseignements mutuels et le garde-chasse me confirme l’existence du sentier qui longe la voie ferrée ! Ultreia ;-)

Je reprends la route une bonne demi-heure plus tard et jette un coup d’œil à l’église. Dommage qu’elle soit fermée car elle est originale !

Je traverse la zone industrielle de Toury, m’y perds un peu et finis par trouver la bretelle qui permet de passer au-dessus de la voie ferrée. De l’autre côté, il y a bien le sentier noté sur ma carte ! Droit devant !

Marcher sur la terre et sur l’herbe est comme fouler un tapis moelleux. Comme cela fait du bien ! J’avance hardiment sur le chemin entouré de champs à perte de vue !

Un agriculteur dans son tracteur fait des allers-retours pour sarcler son champ. Je le salue de la main. Il me rend mon salut. Au tour suivant, il s’arrête un moment pour parler un peu. "Vous allez où comme ça !" Une voiture nous rejoint, c’est sa femme qui vient le chercher pour la pause. Je poursuis un brin de causette avec elle. "C’est plat ici, hein ? Notre pays, il faut y être né, comme nous, pour l’aimer. Et encore, par ici, c’est vallonné !" "..... !!!...???...!!!....." "Vous allez à Artenay ? Suivez tout droit ! Vous allez longer l’aérotrain puis vous verrez la sucrerie, vous ne pouvez pas la rater !"

Au milieu de ces champs, je fais une pause près d’une croix cassée. J’y vois le symbole du grand Chemin qu’il faut restaurer sur ce tronçon de Paris à Orléans.

Tivernon ! Il est encore tôt, mais ce petit banc me semble bien sympathique pour une bonne pause déjeuner ! Ce doit être le jour des poubelles car ponctuellement, des gens sortent rapidement poser un sac devant chez eux. Il y a donc des personnes qui vivent derrière les murs de ces villages...

Passé Abbonville, je retrouve mon sentier avec plaisir ! Personne n’a pu m’affirmer qu’il allait bien jusqu’à Artenay... Je verrai bien !

Tout au long, je passe auprès de systèmes d’arrosage tournant. Certains mordent parfois sur le sentier. Alors, mes pieds semblent subitement peser des tonnes ;-)

A un moment, "mon" sentier en ligne droite disparaît pour se scinder en deux. Je n’ose prendre le plus large qui oblique nettement à gauche car la sucrerie que j’ai en ligne de mire est à droite. Je file donc à la perpendiculaire en direction de la voie ferrée : pourvu qu’il y ait bien moyen de marcher sans danger à proximité...

Oui ! Et le nombre de petits lapins vivant en contrebas du talus est réjouissant pour le pèlerin ! J’approche de l’extrémité de l’aérotrain !

Je retrouve la route avec regret, d’autant plus que, la fatigue aidant, il me semble que la sucrerie ne se rapproche plus depuis un bon moment !

Je traverse le petit village d’Assas en me disant qu’il y aura bien moyen d’aller aux toilettes quelque part... La croix est belle, mais de toilettes : point !

A nouveau, j’emprunte une bretelle qui passe au-dessus des rails et m’apprête à traverser la fameuse sucrerie. Je la regarde depuis ce matin (Qui a dit que la Beauce est vallonnée ?) mais cette fois-ci, je la vois de près et elle est... interminable ;-)

Artenay-bourg ! Enfin ! Petit clin d’œil jacquaire collé sur le panneau de la circulation ! Comme cela fait plaisir de savoir que d’autres sont passés par là ! Eux allaient en vélo et sont partis des Pays-Bas !

En arrivant, je décide, malgré mes pieds douloureux, de filer poser mon sac à l’hôtel pour y profiter des toilettes (depuis le temps que j’attends !!!).

Je ressors ensuite pour faire quelques courses pour mon pique-nique de demain et découvre la belle petite église d’Artenay...

...que j’ai la joie de trouver ouverte ! On y célèbre les hauts-faits de Jeanne d’Arc ! Il est vrai que je m’approche d’Orléans !

Cet hôtel est tout contre la nationale 20 mais en bon pèlerin, j’ai des boules Quies ! Et il est pourvu d’un restaurant qui propose pour un prix très raisonnable une formule buffet ! C’est mon premier repas correct depuis Etampes, je crois que j’ai goûté à tout ;-)

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P.-S.

Toutes les photos ont été prises pendant le pèlerinage.




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