Le monde de Belissor
Accueil du site > Sur les Chemins de Belissor > Sur les routes de Compostelle > Pèlerinage de Paris vers Compostelle > 2009 - De Paris à Meung-sur-Loire > D’Etampes à Méréville

D’Etampes à Méréville

Dimanche 9 août 2009

Pour revenir à la page précédente...

Les deux guides que j’utilise proposent une étape "Etampes - Angerville" de 25 km. Et pour demain une traversée d’une seule volée "Angerville - Artenay" de 34 km en disant qu’aucun hébergement n’est possible sur ce tronçon. Je sais que mes jambes ne me permettront pas de faire 34 km et il m’a fallu beaucoup chercher pour contourner ce problème. Ma solution consiste à zigzaguer autour de la Nationale 20 en rallongeant le chemin de plusieurs kilomètres et d’une étape et en dormant dans deux chambres d’hôtes les nuits prochaines. Pour ce soir, direction Méréville en suivant à la lettre le guide vert !


Je quitte l’hôtel d’Etampes de bonne heure sans déjeuner, celui-ci étant trop tardif pour un pèlerin cherchant à se protéger de la chaleur.

Retour vers le centre-ville pour retrouver le Chemin. Une boulangerie ouverte me permet d’acheter deux pains au chocolat que je mange en route. Le café suivra sûrement très bientôt, me dis-je naïvement... Mais à Etampes, rien n’est encore ouvert. Il faudra attendre.

La sortie d’Etampes selon mon guide se fait par les bords de la Juine, un cours d’eau s’écoulant dans un décor frais et verdoyant. C’est un agréable moment.

Je traverse ensuite un quartier périphérique d’Etampes. Tout y est très calme en ce dimanche matin, outre le son d’un dessin animé pour enfants qui s’échappe d’une fenêtre ouverte.

La route se poursuit par l’ancienne voie romaine qui traverse le plateau en ligne droite vers Saclas.

Tiens ! Le signe du Chemin de Compostelle ! C’est toujours un réconfort.

Mes ampoules percées hier soir se sont semble-t-il rapidement reformées car mes pieds à nouveau me font souffrir. Est-ce cela ou bien le café qui se fait attendre ou alors le souvenir de cet hôtel vraiment peu sympathique. Je ne sais pas, mais cette étape me paraît longue et déprimante parfois. Il m’arrive plus d’une fois dans la journée de me dire que je me suis lancée dans une drôle de galère.

Pourtant, le paysage est agréable ; les lièvres et les chevreuils sont au rendez-vous.

Je vois même passer un vol d’oies Bernache que j’aurai la surprise de pouvoir observer dans un champ un peu plus loin !

C’est après avoir parcouru 10 km que j’arrive à Saclas et y découvre avec plaisir un bistrot ouvert. Le café du matin est doublement apprécié ! Ici, on joue à divers jeux de hasard : tirages et grattages en tous genres, l’oeil vissé sur une télévision qui annonce de nouveaux numéros gagnants à intervalles réguliers. Je regarde et écoute avec intérêt tout en reposant mes jambes et mes pieds. "Un autre café, s’il vous plaît !"

Je me remets en route et quitte ce village par une rue dont je ne peux manquer de faire la photo d’autant plus que la coquille y figure ;-)

C’est en suivant un GR que le Chemin se poursuit.

Comme c’est agréable pour l’œil...

...et pour les pieds de quitter un peu le macadam !

Seul le tout dernier tronçon est sur route. Mais je me sais approcher de Méréville... D’ailleurs, je vais arriver un peu tôt car la chambre d’hôte ouvrira pour moi vers 15h30. D’ici là, il faudra m’occuper. Heureusement, j’ai vu qu’il y avait à Méréville un château, des réalisations d’Hubert Robert, une halle ancienne, une tour à visiter !

Tiens ! Une croix ! C’est la première que je remarque depuis mon départ de Paris.

La petite ville de Méréville est à l’image de sa halle : silencieuse et déserte. Il semble que les visites de toutes ses curiosités soient suspendues en ce début de mois d’août... Que vais-je faire et où vais-je aller pendant les quelques heures qui sont devant moi ?

Au sortir de la ville, j’avise un joli lavoir. Deux couples d’une cinquantaine d’années y pique-nique, je m’installe sur un banc un peu à l’écart et commence à déjeuner. Mes jambes sont lourdes et je ferais bien une petite sieste dans ce coin rafraîchissant, mais l’idée de me réveiller seule ici ne me dit guère. Je me lève donc pour demander à mes voisins de pique-nique de bien vouloir me réveiller s’ils partaient ce qu’ils me promettent très gentiment. Allongée sur le banc, mes jambes surélevées, posées sur mon sac à dos, c’est en toute confiance que je m’abandonne en une sieste réparatrice.

Au réveil, une bonne heure plus tard, je traîne un peu à remettre mes chaussures et ai la belle surprise de recevoir la longue visite d’un papillon. Il se pose sur ma main et semble s’y trouver bien puisqu’il ouvre grand ses belles ailes bleues. De ma main libre, j’attrape mon appareil photo et le règle sur "macro" : merveille ! Il efface d’un coup la lassitude qui s’était lourdement rivée sous mes souliers au départ d’Etampes !

Il est l’heure ! Je me remets en route pour les deux derniers kilomètres. Un peu en avance sur l’horaire prévu, j’attends quelques minutes sous un abri bus voisin.

Un jeune homme à mobylette passe et revient pour s’arrêter près de moi. "Vous êtes en promenade ?" "Je marche sur la route de Compostelle." "Ah ! Vous êtes nombreux à faire ça ?" "Oh oui !" "Où ils sont les autres de votre groupe ?" "Vous savez, sur ce Chemin, chacun marche à son rythme !" Satisfait ou pas, je ne sais, mais il est reparti. J’avoue que je n’avais pas très envie de lui expliquer que je marchais seule.

A l’heure dite, les portes me sont ouvertes et je me retrouve à l’abri dans cette superbe chambre d’hôte !

Pour lire la suite de ce récit...

Cette page a déjà été visitée 1806 fois.

P.-S.

Toutes les photos ont été prises pendant le pèlerinage.




| Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | | Espace privé | SPIP | squelette |